News de juin 2011:Comprendre les "batiments basse consommation"...

BBC, BPOS, autant de sigles souvent incompréhensibles qui sont cités dans les articles ou les conférences traitant de l’efficacité énergétique.

Il est temps de simplifier et de faire le point sur ces deux notions.

Les bâtiments basse consommation énergétique : BBC :

Il existe d’un label officiel français issu d’un Arrêté du 3 mai 2007 qui correspond à un label « Haute Performance Energétique ».

Ce label fixe une exigence énergétique de 50 KWH/m2/an.

Cependant, il existe un coefficient correcteur en fonction de l’altitude du bâtiment.

Les valeurs de l’exigence peuvent ainsi varier selon la zone et l’altitude de 40 à 75.

C’est l’association EFFINERGIE qui a fixé ces objectifs.

Il faut rappeler que le niveau de performance de 50 KWH/m2/an est une exigence minimum demandée par la future réglementation thermique qui s’appliquera dès le 1er janvier 2011 à l’ensemble des bâtiments publics et tertiaires (Loi GRENELLE 1 du 3 Aout 2009).

A l’heure actuelle, 103 maisons individuelles, 4 logements collectifs et un bâtiment tertiaire ont été labellisés BBC 2005 par EFFINERGIE, mais plus de 3.000 projets sont en cours dont 2.500 maisons individuelles, 612 logements collectifs et 50 bâtiments tertiaires représentant plus de 600.000 m2.

Le Ministère de l’Environnement, l’ADEME et l’Association EFFINERGIE développent un observatoire BBC qui sera une base de données nationale de références des bâtiments BBC.

Le terme « Bâtiment Basse Consommation » n’est pas en lui-même protégé; par contre EFFINERGIE protège son label BBC 2005 créé par l’Arrêté du 8 mai 2007.

Ce label BBC est donc délivré par l’Association EFFINERGIE qui a délégué à des organismes certificateurs la possibilité de le délivrer : l’Association QUALITEL et ses filiales CERQUAL et SEQUAMI.

Le surcout de construction des batiments"BBC" : la polémique !

Par Eric Leysens | 24/05/2011 (Le Moniteur)

A partir des bordereaux de prix de 11 bâtiments basse consommation situés en région Rhône-Alpes, le bureau d'étude Enertech a, pour l'Ademe, estimé les surinvestissements et identifié les choix techniques offrant le meilleur rapport entre les kWh économisés et le coût exigé.

La méthodologie de Thierry Rieser, ingénieur chez Enertech est simple mais laborieuse : remplacer, sur les bordereaux de prix (pose et fourniture comprises), les différents matériaux ou équipements ayant permis d'atteindre le niveau BBC par des références qui auraient simplement permis d'atteindre la RT 2005. Bilan : pour les logements, il constate un surinvestissement compris entre 5,4 et 7,4 % sur un coût total y compris VRD (soit 77 à 124 euros HT par m² shon) et, pour les bureaux, 6,3% avec climatisation active (113 euros/m²) et 2,3% avec climatisation passive (55euros/m²).

Surinvestissement sous la barre des 15%:

Le surinvestissement nécessaire à la livraison d'un bâtiment basse consommation se situe donc largement en dessous des 15 %, niveau habituellement cité et ce, pour des bâtiments livrés entre février 2009 et septembre 2010.
Mais l'enseignement de l'étude ne se limite pas uniquement à ce constat, le Centralien a également comparé les différentes solutions techniques.
Pour l'isolation, Thierry Rieser constate que « la pose et le parement représentent généralement 80% du prix » ; doubler une faible épaisseur d'isolant ne fait donc pas doubler le prix de l'isolation, mais seulement l'augmenter de 20%. Il en déduit ainsi que le coût de l'isolation par l'extérieur, de loin la plus performante, dépend surtout du parement (enduit ou bardage) et peu de la résistance thermique
.Concernant les matériaux, « on aime bien le monomur » dit l'ingénieur études thermiques, forcé de constater que la performance obtenue, en comparaison du prix, est plutôt décevante
. Pour l'ingénieur, le rapport moyen entre les kWh économisés et le surinvestissement s'explique par le fait que le monomur constitue encore une nouveauté en France et, peut-être également, par la difficulté de mise en œuvre qu'il peut poser sur un chantier.
« Une brique de 50 cm se porte à bout de bras, et donc sollicite plus le dos du maçon » observe-t-il.

Triple vitrage: de 440 à 850 euros du m²
Pour les menuiseries, « excellente surprise »: avec un triple vitrage très performant (Uw=0,7 W/m².K), fourni-posé, on arrive à descendre à 440 euros par m².
« On aimerait en voir sur tous les chantiers », précise Thierry Rieser, habitué des chantiers BBC. Mais le triple vitrage n'offre pas que des bonnes surprises.
Sur un chantier, il a pu monter jusqu'à 850 euros du m². Pour Thierry Rieser, c'est un « prix irrationnel » qui ne s'explique que par une marge largement trop importante, au profit du menuisier-poseur.Des « prix irrationnels », Thierry Rieser en a aussi constatés chez les installateurs de ventilation.
Il prend l'exemple de deux bâtiments de logements à Epagny , en Haute Savoie, construits côte à côte, et dont le surinvestissement de la VMC double flux avec échangeurs individuels, le même modèle dans les deux cas, est de 33 % plus élevé pour l'un d'entre eux.
« On ne peut même pas expliquer cet écart considérable par un effet d'échelle, car c'est dans le bâtiment le plus petit que la ventilation a couté nettement moins cher. Ni par la qualité du travail, car les deux installations fonctionnent correctement» explique-t-il.

Attention au surdimensionnement !

Concernant le chauffage et la climatisation, c'est souvent un surdimensionnement des équipements qui, en plus d'offrir un fonctionnement moins performant, engendre un surcoût évitable.
Autre étonnement, plutôt positif, qui démontre que la recherche de performance énergétique peut aussi coûter moins chère à l'investissement : l'installation d'une « PAC géothermique avec géocooling » sur un bâtiment a été moins onéreuse qu'une climatisation réversible classique.
« L'utilisation de la géothermie a nécessité de forer, mais l'économie réalisée en évitant l'installation de systèmes courants de climatisation, et les réseaux qui les accompagnent, a été plus importante».L'étude contredit l'idée que les économies de consommation sont proportionnelles à l'investissement. Par exemple, « en installant des limiteurs de débit sur tous les robinets (à 7 euros l'unité), on peut réduire la consommation d'eau chaude sanitaire de 25 à 40% », indique Thierry Rieser.
Il remet également en cause l'idée répandue selon laquelle le balcon autoporté est la meilleure solution. Pour lui, l'installation de rupteurs de ponts thermiques permet d'être deux fois moins cher que l'autoporté, pour une légère différence de performance énergétique entre les deux solutions.

Simple ou double flux ?

Chez Enertech, la confrontation entre le simple flux hygro réglable et la double flux semble devoir d'abord se poser sur le terrain de la santé.
Le simple flux hygroréglable peut réduire, en l'absence d'occupants, ses débits jusqu'à - 30 à 50 % de ceux imposés par la réglementation sur la ventilation de 1982. Ainsi, pour Thierry Rieser, "quand l'occupant du logement rentre chez lui après le travail, il a droit à un « bol » de formaldéhyde, cancérogène".
La double flux est donc, pour lui, le seul moyen de réduire les déperditions par la ventilation sans dégrader la qualité de l'air intérieur.

Eric Leysens | Source "LE MONITEUR.FR"

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